Les 1 SN 1 revisitent l’opéra Falstaff en atelier artistique

par Simon Benistant

La dernière quinzaine de juin a été très active en 1 SN 1 et riche en créativité. La classe a relevé le défi d’imaginer, produire et réaliser l’adaptation d’une scène de l’acte III de l’opéra Falstaff (1894). Du 14 au 29 juin, la classe a donc travaillé en atelier musical avec Asgaya, musicien de la scène électro, et en atelier d’animation "stop motion" avec cinq de ses professeurs. La production finale aboutit à une vidéo de cinq minutes qui installe les personnages de Falstaff dans un décor moderne et urbain habillé d’une musique située entre électro et Hip Hop.

11 jours de projet dont 50 h d’atelier "stop motion", 20 h d’atelier musical ont été investis par les 1 SN 1 pour créer un court métrage de 5 minutes et 9 secondes revisitant la scène finale de Falstaff de Giuseppe Verdi.

La classe rencontre une première fois cet opéra en octobre 2018 lorsqu’elle assiste à une répétition du spectacle à l’opéra Bastille. Le metteur en scène a déjà transposé pour la version de Bastille le personnage de Falstaff du Moyen-Age au XIX e s. londonien dans un décor d’immeubles puisé dans l’Europe de la Révolution Industrielle.

La première idée pour réinterpréter une scène de cet opéra va s’inspirer de cette réécriture pour amener Falstaff au début du XXI e s. Pour y arriver, quoi de mieux que d’actualiser la musique tout autant que les décors ? Les deux axes principaux du projet sont alors choisis : le groupe va collaborer avec le musicien Asgaya créateur de musique électronique et repenser les personnages, les décors dans un contexte urbain d’aujourd’hui.

Dès le 11 juin, l’oeuvre a été revisionnée pour sélectionner le passage à travailler en imaginant le remix musical et visuel qui va lui être appliqué.
La classe s’est répartie pour s’investir en priorité soit sur l’atelier musical avec Asgaya soit sur l’atelier de décors et de "stop motion".

La scène choisie est celle du châtiment que les autres personnages font subir à Falstaff dans l’acte III pour le punir de ses mensonges. Un storyboard est en premier lieu élaboré pour permettre aux deux pôles de production ( musique et images) de construire leur création en parallèle.

Dans l’atelier musical, Asgaya initie les 8 élèves impliqués dans cette partie à la musique assistée par ordinateur (MAO) autour d’une station de production composée d’un Mac, d’une carte son externe, d’un clavier maître et d’un contrôleur 16 pads.
A partir d’un enregistrement de l’opéra correspondant au passage de cet acte III et de différentes banques de sons extérieures, le groupe a samplé, construit la structure du morceau et arrangé progressivement la future bande sonore du court-métrage.

Du côté décors et stop motion, plusieurs étapes se sont succédées. Des décors et des personnages dont les silhouettes noires, blanches, grises ont été découpées dans du papier sont créés.

Les éléments urbains ( immeubles, arbre, lampadaire, banc) étaient fixes et les personnages ont été disposés par patafixe pour être déplacés progressivement. Au total plus de 120 clichés ont été pris des différents plans déterminés, à raison d’un plan toutes les 2 secondes sur un film de 5 minutes.


L’étape suivante était délicate car la classe devait retraiter toutes les images par ordinateur pour corriger le maximum de différences d’un cliché à l’autre.

Un montage a été produit le dernier jour pour assembler musique et images tout en incluant des génériques de début et de fin préalablement créés à l’ordinateur.

Cette production collective (élèves, intervenant, professeurs) conclue ainsi les deux années passées au sein de DMEO et complète la production chorégraphique réalisée en 2017 réalisée avec le danseur Hip Hop Gator.

Les 1 SN 1 auront, de 2016 à 2018, vu 4 spectacles aux opéras Garnier et Bastille, rencontré des ingénieurs sons et vidéos de ces institutions culturelles qu’ils ont par ailleurs visitées et travaillé sur différentes productions en arts appliqués, électronique, E.P.S., français, mathématiques, mécanique-construction, prévention-santé-environnement.

L’Opéra de Paris, que nous remercions, aura ouvert aux élèves les portes d’expériences artistiques, techniques et humaines des plus riches !

Mille mercis à Asgaya pour son engagement,sa disponibilité et sa gentillesse !

Et surtout bravo aux élèves qui ont démontré leur maturité et leur créativité dans un timing resserré et exigeant !

Le dispositif culturel Dix Mois d’Ecole et d’Opéra

Pour écouter et soutenir les productions d’Asgaya !

Voir en ligne : Falstaff réinterprété par les 1 SN 1 (atelier de pratique artistique DMEO)